En réponse à tous ceux qui me demandent "et quel est votre pays préféré aprés tout ça", je dirais qu'il n'y a pas vraiment de réponse.
Chaque pays offre ses beautés, ses laideurs, son lot de surprises. Entrent en jeu également les rencontres que l'on fait, le climat, et plein de petites choses qui nous touchent ou nous rebutent.
Chaque pays est comme un plat aux saveurs douces amères.
J'ai aimé les villes palpitantes : Hong Kong, Sydney, Buenos Aires, Delhi. j'ai aimé les buildings qui s'élancent vers le ciel, la vue depuis le pain de sucre sur la baie de Rio. Quel beau souvenir que la symphonie des lumières embrasant le port de Hong Kong.
A Sydney, je me rappelle d'un verre de vin, un soir, au pied de l'opéra illuminé. Dans chacune de ces grandes villes je me suis mêlée aux autres dans le tourbillon du métro. J'ai regardé la vie qui passe, ces inconnus pressés, ou pas, absorbés dans leur quotidien alors que tout me paraissait extraordinaire. Je me suis fondue dans le décor urbain, engloutie dans les centres commerciaux où règnent frénésie et profusion.
J'ai aimé aussi l'isolement, les grands espaces où la nature est maître. A 4000m sur les plateaux andins, nous avons traversé des terres arides, sèches et vides. Dans le nord de l'Argentine la Quebrada de Cafayate nous dominait de ses roches multicolores, érodées par le vent.
L'immensite laiteuse et vierge du salar d'Uyuni m'a subjuguée tout autant. Un soir, nous avons dormi au pied du volcan Tunupa. Tandis que je contemplais un coucher de soleil enflammer l'horizon, Sylvain survolait ce paysage si singulier, qui paraissait s'étendre à l'infini.
Sa voile rouge n'était qu'un minuscule élément entre ciel et terre.
Au petit matin, au milieu des flamands roses et des lamas, nous avons marché sur la croûte craquelée de ce désert de sel, le plus grand du monde et le seul pour nous à cet instant.
Je me souviens avec émotion de nos balades en camping car sur les routes de Nouvelle Zélande. Quel bonheur de traverser ces paysages de montagnes enneigées et de lacs mitoitants, de s'arrêter au bord d'une plage pour y passer la nuit, bien emmitouflés dans nos duvets. Aller là où bon nous semble, n'écouter que nos envies, rester encore où partir déjà.
A Pékin, j'ai marché sur la Grande Muraille. En Inde, je me suis émerveillée devant la pureté du Taj Mahal. J'ai scruté chaque visage du Bayon, ce temple du royaume d'Angkor, au Cambodge. En plein milieu du pacifique, des géants de pierre sont alignés comme des soldats protecteurs veillant sur leur île. C 'est eastern island, l'île de Pâques.
Tout au long du voyage j'ai découvert l'histoire du monde, des trésors crées par l'homme, pour l'homme ou pour ses Dieux.
Une armée de soldats enfouis sous la terre pour protéger leur seigneur dans son voyage vers l'au delà : Xian, un site qui dépasse l'entendement. C était il y a 2000 ans en Chine.
Je n'oublierai jamais non plus le moment où nous avons aperçu le dos de la baleine, un jour de janvier sur la Péninsule Valdès, en Patagonie. Nous l'avions tant espéré qu'elle semblait n'être venue que pour nous. Ce n'était plus la saison depuis décembre et pourtant elle était là, comme s'il suffisait d'y croire.
J'ai en tête tant de couleurs; les saris des indiennes, vert, jaune, rouge, les épices sur les étals des marchés. Les fruits, les légumes, les plantations de thé de Munnar.
Toutes ces nuances de vert au bord de Mékong, quand la pirogue nous emmenait jusqu'a Luang Prabang. Deux jours de navigation pour rejoindre cette ville-bijou classée au patrimoinde mondial de l'Unesco.
Quelle ville est plus troublante que Varanasi? Les vaches se baignent avec les pèlerins dans les eaux sacrées du gange, les bûchers fument encore sur les rives tandis que les femmes battent le linge. On y étudie la musique, la danse, la littérature. La vie y cotoie la mort sans aucun complexe.
Odeurs d'encens à Bali, de fleurs coupées. Odeurs de poissons. Odeurs de poussière. Le voyage sollicite tous nos sens, soulève le coeur parfois lorsque l'on voit des familles vivre au milieu des poubelles et des cochons.
La tête tourne un peu lorsque l'on descend dans les galeries où travaillent les miniers du Cerro Rico, à Potosi en Bolivie. Il fait chaud, l'air manque, on a peine à y passer une heure tandis que des hommes y passent leur vie, à la recherche du bon filon.
Un air de tango, nous voilà à Bueno Aires en train d'observer le jeu de la Milonga. A Bali, il serait impensable de rater un spectacle de danses traditionnelles. Rien n'est plus gracieux qu'une danseuse balinaise, son sourire, son mystère, le mouvement de ses mains.
Le voyage,c' est aussi la fête des saveurs. Nous avons déchiffré quelquefois des menus incompréhensibles, découvert avec enchantement ou effroi le contenu de notre assiette. Nous nous sommes baladés sur les marchés, découvert des produits inconnus que nous avons goûtés, par jeu, que nous avons aimés, ou pas.
Nous avons retrouvé avec bonheur le goût du pain, d'un verre de vin, de la viande tendre et savoureuse d'un asado argentin. Souvent les repas étaient des moments conviviaux, pour nous seuls à l'abri de notre tente lors d'un trek dans les montagnes de la Patagonie chilienne, ou bien avec des amis rencontrés sur le chemin.
Tant de gens croisés, de rires, de discussions et de sourires partagés avec des inconnus qui, en peu de temps, ne l'étaient plus. Je remercie Carlos de Ténérife, Ciara de Sydney, Yenny de Corée, Kevin et Pauline de Nouvelle Zélande, Pascal et Noémie de Suisse, Raph et Rudy de France, Diego et Natalia d'Argentine, Camilla d'Italie; Merci aussi à Lucile et Yves du Cambodge... et tous les autres que j'oublie de citer...
la richesse du voyage, c'était aussi ces rencontres exceptionnelles
Merci aussi à Sylvain, sans qui je n'aurais jamais entrepris ce projet extraordinaire.
Encore merci à ceux qui nous ont suivis, j'espère vous avoir fait partager notre rêve et vous encourage à aller à la poursuite des vôtres.
